Une lettre à ceux qui sont loin
Il y a un mot, en arabe, qu'aucune traduction ne rend vraiment justice : ghorba. Ce n'est pas simplement l'exil. C'est ce sentiment particulier de vivre ailleurs tout en gardant, quelque part au fond de soi, une valise jamais tout à fait déballée.
La ghorba, c'est le bruit d'une langue qu'on ne parle plus au quotidien. C'est un plat qu'on essaie de reproduire avec les moyens du bord, sans jamais retrouver exactement le goût de la maison. C'est aussi, parfois, une forme de liberté — celle de se réinventer loin des regards qu'on connaît trop bien.
On écrit souvent ces histoires-là comme on écrirait une lettre : avec pudeur, avec des mots choisis, en sachant qu'elles ne seront peut-être lues que par quelques personnes, mais que ces quelques personnes se reconnaîtront.
Ici, sur Ghorba, chaque texte est une page arrachée à ce carnet intime que beaucoup portent en silence. Une manière de dire : tu n'es pas seul à porter cette valise.
Si toi aussi tu as une histoire à raconter — un souvenir, un déchirement, une petite victoire loin de chez toi — cet espace t'appartient aussi.